Aubépine-la vie de fée

Saviez-vous que chaque fleur de l’aubépine abrite une petite fée ? 

En compagnie du chêne et du frêne, l’aubépine forme la « triade féerique » particulièrement attirante pour les fées. D’un certaine façon, l’aubépine est l’arbre des fées par excellence, portail vers leur monde et porteur d’une puissante magie.

La fée de l’aubépine donne accès à l’Autre monde, mais protège aussi les étourdis – il est important d’être patient avec et esprit. Il enchante la vie, apportant la croissance et fertilité dans tous les domaines. Quand l’aubépine fleurit au printemps, elle incarne la robe de mariée de la jeune déesse.
L’aubépine est sacrée pour la déesse galloise du soleil, Olwen, la « Dame blanche du jour ». En marchant, elle laissait des traces blanches d’aubépine, Son père, Yspaddaden Pencawr, le « Géant aubépine », avait assigné treize tâches à son prétendant, Culhwych, avant qu’il puisse épouser sa fille. Le nombre 13 et associé à la lu ne, qui effectue 13 tours du zodiaque pour un tour du soleil. Ainsi l’aubépine suggère l’union du soleil et lune, mâle et femelle.
La fée de l’aubépine promet purification, satisfaction, tutelle et fertilité. Rester ancré et pratique est la meilleurs manière d’accéder à cette fée et d’utiliser ses dons.

Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler de l’arbre de mai : l’aubépine.

Étant donné que Beltane se tient mardi, je me suis dit que ce serait une bonne idée de vous parler de l’arbre emblématique de cette fête celte. Mais si l’aubépine est caractéristique du mois de mai dans les croyances celtes, c’est surtout parce que c’est un arbrisseau dont la fleuraison a lieu durant ce mois.
D’ici quelques jours, nous devrions voir de magnifiques fleurs blanches et odorantes parer les haies d’aubépine !

C’est également le nom donné au 4e jour du mois de floréal dans le calendrier révolutionnaire français, ce qui équivalait au 23 avril.

Un soupçon de botanique

Aubépine vient du latin « alba spina » qui signifie épine blanche. C’est d’ailleurs l’un des nombreux surnoms de cet arbuste épineux parmi lesquels on retrouve : arbre de mai, noble épine, bois de mai, mai ou cenellier (du nom de la baie rouge qu’il donne : la cenelle). Cet arbrisseau à feuilles caduques, membre de la famille des rosacées, mesure entre 4 et 8 mètres de haut et peut vivre jusqu’à 500 ans. À l’état sauvage, on le trouve couramment en lisière de forêt. Mais il se prête très bien à la constitution de haies : sa ramure très dense développe rapidement des branches dans tous les sens.

Son bois dur et nerveux n’est pas utilisé en menuiserie. Toutefois, il fait d’excellents manches à outils. Autrefois, on l’utilisait pour des pièces mécaniques, car c’est un bois très résistant aux frottements, en petite menuiserie et tournerie, pour en faire des robinets de tonneaux. C’est également un bon combustible.
On en fait également des baguettes magiques (cf. celle de Drago Malefoy).

L’aubépine fleurit vers la mi-/fin-mai et donne des fruits, de petites baies rouges, à l’automne. Les cenelles sont comestibles. On peut même en faire de l’eau-de-vie.

Un peu de pharmacologie

Les propriétés médicinales des cenelliers sont très intéressantes. Ils sont :

  • hypotensifs (baissent la tension artérielle)
  • sédatifs
  • antispasmodiques
  • astringents (resserrent et assèchent les tissus, et peuvent faciliter la cicatrisation)
  • diurétiques

Les fleurs, les fruits, les bourgeons et les feuilles sont des régulateurs du muscle cardiaque. Ils soignent l’hypertension en facilitant la circulation coronaire par vasodilatation, ils diminuent les palpitations, soignent l’arythmie et la tachycardie et améliorent la circulation sanguine. L’aubépine peut être utilisée en prévention contre l’infarctus du myocarde et l’angine de poitrine et facilite le rétablissement après une crise cardiaque.

Une tisane de fleurs d’aubépine combat l’insomnie, calme les angoisses et la nervosité.

En médecine vétérinaire, il arrive qu’on prescrive des baies d’aubépine à manger contre les diarrhées des vaches. Et quand elles ont le pis enflé, il faut le leur frotter avec une décoction de lichen d’aubépine.

Beaucoup de croyances

L’aubépine a toujours été liée à des symboles tels que la pureté et la purification, mais aussi la protection. Elle a également été associée à l’acte sexuel et à la virginité.

Dès l’Antiquité, l’aubépine tient une grande place dans les croyances populaires. Ainsi, l’aubépine est l’arbre de la virginité et de la chasteté. de nombreux rites la relient au mariage :

  • À Rome, après la cérémonie de mariage, le mari devait agiter un rameau d’aubépine en conduisant son épouse vers la chambre nuptiale
  • En Grèce, l’aubépine ornait la porte de la chambre pendant la nuit de noces. De même, chaque convive au repas de mariage apportait une branche d’aubépine en guise de porte-bonheur pour le couple.
  • En Grèce et à Rome, les mères, soucieuses de la virginité de leurs filles, plaçaient dans leurs chambres des bouquets de d’aubépine.
  • Les vieilles filles plaçaient des fagots de bois d’aubépine sous leur lit pour se protéger de la tentation.

Dans la tradition celtique, on tressait l’aubépine en guirlande pour en décorer les maisons lors de la fête de Beltane, qui célébrait le retour de la période claire et donc le retour de la vie, de la lumière (attention, la fête celte de la lumière est Imbolc, aux alentours du 1er février) et la fertilité.

L’aubépine est aussi considérée comme le refuge des fées. Sacrée en Irlande, elle est, dit-on, un passage vers le Sidhpuisqu’elle pousse souvent sur des tertres funéraires, à des carrefours et sur d’autres seuils de l’Autre Monde.
Des couronnes de fleurs d’aubépine étaient offertes aux fées à Beltane pour obtenir leurs faveurs. La légende raconte également que si l’on s’assoit sous une aubépine à Beltane, Litha ou Samhain, on risque de se faire envoûter par les fées.
Dans la série L’Épouvanteur de Joseph Delaney, les aubépines sont souvent le refuge de gobelins.

Ses relations étroites avec les fées et l’Autre Monde font de l’aubépine un arbre protecteur contre les envoûtements, le mauvais sort et les maladies :

  • On attachait des branches d’aubépine au ventre des animaux pour protéger le bétail des maléfices.
  • Dans les traditions wiccanes et de sorcellerie (moderne et ancienne) l’aubépine (fleurs, feuilles et épines) est une plante associée à la protection qui entre dans la confection de différents charmes. D’ailleurs, les sorciers et sorcières ont souvent paré leurs maisons d’une haie d’aubépine.
  • Les branches d’aubépine étaient accrochées dans les étables afin de protéger le bétail et suspendues dans les laiteries pour empêcher le lait de cailler.
  • Pour barrer l’envoûtement sur un troupeau, on prenait le cœur d’un des animaux morts, puis on le perçait de 9 épines d’aubépine et on le jetait dans le feu. Le coupable de ne manquait pas de se présenter.

Quelques superstitions

Je ne résiste pas à vous partager quelques superstitions que j’ai croisées au cours de mes recherches pour écrire cet article ! Je vous les donne en vrac, sans réelle suite logique.

Dans nos traditions populaires, arracher ou abattre une aubépine porte malheur.

Il semble que la foudre ne l’atteint jamais. Aussi, brandir une branche d’aubépine écarte la foudre. Et si on se réfugie dessous pendant un orage, on est certain-e d’être protégé-s.

Pour guérir de la fièvre :

  • offrir à une aubépine 1 œuf et 1 pièce qui a servi à signe le mal,
  • faire une incantation
  • couper une brindille de l’arbre, la mettre en bouche et l’y conserver jusqu’au retour au foyer, où on la jettera dans le feu.

Deux feuilles d’aubépine croisées sous les narines arrêtent les saignements de nez.

Élixir de longue vie des rois francs : Après les premières gelées, cueillir une poignée de cenelles et les faire bouillir dans 1/2 litre d’eau avec 200 g de sucre durant 10 minutes. Ajouter alors 1/3 litre de rhum brun, laisser revenir à ébullition et retirer directement du feu. Filtrer, laisser refroidir et mettre en bouteille. Boire un petit verre tous les soirs.

Voilà ! J’espère que cet article vous a plu et qu’il vous a donné quelques idées ! N’hésitez pas à ma dire ce que vous en avez pensé et s’il vous a insipré

 

L’aubépine, porte du royaume souterrain des fées 

Posté par Paul dans la catégorie : voyages sur la terre des arbres .

rameau-daubepine

S’il est des arbres et des arbustes qui jouent un rôle important dans la mythologie, l’aubépine (épine blanche) en fait indiscutablement partie. Sa floraison au mois de mai, au cœur du renouveau printanier, n’est pas étrangère à son succès ; le fait que ses fleurs soient d’une blancheur immaculée joue aussi son rôle. L’aubépine a largement débordé le cadre de toutes les mythologies anciennes, celtes, nordiques, germaniques… pour investir l’ensemble de la tradition orale fantastique. Asseyez vous au pied de cet arbuste lorsque s’ouvrent les premières fleurs, et le vœu que vous formulerez sera inéluctablement réalisé, à moins que les fées qui dorment dans le monde souterrain aient été outragées par l’une de vos actions. Vous aurez fort à faire pour vous réconcilier avec elles ; la meilleure solution c’est sans doute de leur rendre visite et de vous expliquer de vive voix. Ce n’est pas difficile : le creux qui s’ouvre entre les racines, là, devant vous, au pied de la vieille aubépine centenaire est certainement l’une des entrées de leur domaine mystérieux. Agrandissez le trou, passez-y la tête et… advienne que pourra. Je vous conseille auparavant de prendre quelques leçons de savoir vivre féérique car ces belles dames sont assez susceptibles. Si vous n’avez point le sésame qui vous permettra de rentrer six pieds sous terre, vous pouvez vous contenter de rapporter un rameau bien fleuri de l’arbuste et de le placer à côté de votre pas de porte : le mauvais sort s’éloignera de votre demeure. Ne vous avisez cependant pas de faire un quelconque bouquet et de le placer à l’intérieur, sur la table du salon, vos branchages perdraient alors tout pouvoir magique. De plus, l’aubépine a un défaut : l’odeur de ses fleurs n’est pas très agréable. Les branches fleuries avaient des usages très variés : lors de la traditionnelle fête des Mayes (Mays ou Mais) dans certaines régions, les jeunes gens cherchant fille à marier fixaient divers rameaux d’arbustes sur les façades des maisons. Le choix botanique ainsi que la taille de l’arbuste choisi avaient une signification particulière. La présence d’une branche d’aubépine avait un sens différent selon les endroits. Soit elle signifiait que la jeune personne habitant la demeure devait être fréquentée avec circonspection car elle avait un caractère « de cochon » : acariâtre, grincheuse, « faiseuse d’histoires ». Soit elle servait au repérage pur et simple et indiquait qu’il y avait, en ce lieu, jeune fille bonne à marier. On peut approfondir cette histoire en allant, par exemple, faire un petit tour à cette adresse : http://adinfer.free.fr/Tradition.htm

crataegus-monogyna

Plutôt que d’essayer de balayer toutes ces belles histoires qu’elle considérait comme un fatras de propos païens ou démoniaques, l’église catholique a préféré les intégrer à sa propre mythologie. L’aubépine a alors acquis une symbolique religieuse dans toute la chrétienté, ce qui a permis à certains spécimens d’échapper à la vaste campagne d’éradication entreprise par les Chrétiens au IVème siècle de tous les arbres sacrés. Et il y en avait ! – on peut, à ce sujet, consulter utilement le livre de Jacques Brosse, « L’aventures des forêts en Occident ». Les Romains considéraient qu’elle était associée à Maïa, la mère d’Hermès, fêtée en mai. Ce mois étant celui de Marie pour les Chrétiens, le changement d’attribution n’a pas été trop difficile. Un bon petit miracle allait arranger les choses. Un texte ancien raconte que le bon vieux Joseph d’Arimathie débarqua un jour en Angleterre, transportant le Graal dans ses bagages. Il planta son bâton de marche dans le sol et à l’endroit même où il accomplit ce geste, non loin de l’abbaye de Glastonbury, poussa un magnifique buisson d’aubépine ayant la particularité de fleurir deux fois l’an : au moment de la fête de la nativité et au mois de mai. La vierge aussi mit la main à la pâte, selon une autre légende originaire de l’Est de la France : faute de place pour étaler son linge à sécher au soleil, elle plaça un drap sur un buisson d’aubépine, un vilain buisson qui, avant cette manipulation généticobotanique, avait la particularité de ne point fleurir. Lorsqu’elle revint sur les lieux pour ramasser son linge, l’arbuste s’était paré d’une magnifique collection de fleurs blanches à l’odeur singulière… Une vierge toute de blanc vêtue mais avec les mains vertes… Les Bretons, qui cherchent toujours à se singulariser, n’en font pas un arbre dédié à la vierge, mais au contraire aux sorcières. Une simple histoire de foudre qui, selon les croyances populaires, épargnerait toujours cet arbuste… Dans d’autres régions on est tout aussi convaincu des propriétés protectrices de l’aubépine, mais sans avoir besoin de l’associer au pouvoir des sorcières ! Mais revenons à l’épine blanche de Glastonbury, car l’histoire mérite d’être contée un peu plus en détails.

glastonburyabbey

L’abbaye de Glastonbury se situe dans la région du Somerset en Angleterre. Sa construction est certainement très ancienne mais il est difficile d’en fixer la date. Selon la légende, une première communauté de moines se serait installée sur cet emplacement après le passage de Joseph d’Arimathie, l’horticulteur de génie. Une église en pierre aurait été construite en 712, ce qui en ferait l’un des lieux de cultes chrétiens hors sol les plus anciens au monde, les croyants de cette religion ayant, jusqu’alors, utilisé plutôt des sanctuaires souterrains. L’aubépine de Glastonbury aurait prospéré jusqu’au milieu du XVIIème siècle, répétant chaque année sa double floraison miraculeuse. Elle aurait été brûlée par les troupes d’Olivier Cromwell, lors de la première révolution anglaise, dans le cadre d’un vaste programme de destruction de tous les arbres sacrés. En fait l’aubépine a continué à vivre car elle avait essaimé : un greffon notamment a été réalisé et replanté sur les terres de l’ancienne abbaye ; il a survécu jusqu’en 1991 et continuait à fleurir deux fois. Une coutume locale voulait que l’on envoie un rameau couvert de bourgeons à la Reine d’Angleterre au moment de Noël. Glastonbury abritait également une fort belle bibliothèque qui eut des problèmes sérieux lors de l’incendie de 1141, et dont les ouvrages furent dispersés, lorsque les biens de l’abbaye furent saisis et vendus par la couronne britannique en 1539, comme ceux de la totalité des communautés catholiques de l’île.

crataegus-en-fleurs

L’une des plus vieilles aubépines de France se trouve à Saint Mars sur la Futaie dans le département de la Mayenne. Elle serait âgée d’un millénaire environ et mesurerait 9 m de hauteur. La croissance de l’arbuste est très lente, ce qui explique l’excellente qualité de son bois. Le grain, particulièrement fin, est apprécié des tourneurs, bien qu’il soit difficile de se procurer des pièces de grandes dimensions. La veine du bois est peu visible et très peu colorée. Sans rentrer dans les détails complexes de l’étude botanique, sachez qu’il existe deux variétés d’aubépine : l’épine blanche ou aubépine monogyne (crataegus monogyna) dont la fleur possède un seule style, et l’aubépine à deux styles (crataegus laevigata). L’arbuste a une particularité qui est un défaut (pour les uns) et une qualité (pour les autres) : elle possède, sur ses rameaux, des piquants redoutables. Les branches ayant tendance à pousser touffues et à s’entrelacer, les paysans, autrefois, l’ont souvent plantée en limite de leurs champs ou de leurs terres cultivées, soit pour empêcher les prédateurs terrestres d’envahir leurs champs, soit pour limiter les fugues des animaux domestiques. L’aubépine et le prunelier (doué des mêmes propriétés piquantes) sont en quelque sorte les ancêtres du fil de fer barbelé ! La recherche du confort (!) et surtout le développement des clôtures électrifiées (moins envahissante) ont eu pour conséquence l’abattage de nombreuses haies d’aubépine notamment lorsque les ingénieurs agronomes sont partis en campagne, dans les années 1960-80, contre les paysages de bocage. L’ardeur destructrice de ces chevaliers du remembrement s’est un peu calmée, mais notre arbuste piquant bienaimé a maintenant à faire face à un autre adversaire redoutable, une maladie, le feu bactérien, qui les fait disparaître peu à peu dans certaines régions de France. Sauf brûler les arbres morts, il est extrêmement difficile de faire front à ce fléau contre lequel nul traitement vraiment efficace n’est connu. Les aubépines, compte-tenu de leur longévité, ont aussi souvent servi de limites cadastrales, permettant de borner parcelles, paroisses ou territoires communaux. Ce sont souvent des arbustes ayant eu cet usage que l’on retrouve parmi les « vénérables » ; plantée en haie serrée, l’épine blanche a une durée de vie moindre.

crataegus-baie

Les fruits rouges de l’aubépine ne sont guère appréciés de nos jours bien qu’ils soient comestibles. Il faut dire qu’il faut déjà se munir d’une cotte de mailles et de gants de boxe pour les ramasser… Leur goût est assez fade et leur consistance plutôt farineuse. Si les humains les boudent un peu, ce n’est pas le cas des oiseaux qui en font de véritables festins pendant les mois d’hiver. Dans les périodes de famine, nos ancêtres n’étaient pas autant « fine gueule » : les senelles ou « poires à bon Dieu » étaient récoltées massivement ; on les faisait sécher et on les passait à la meule. La farine obtenue venait compléter, et parfois même suppléer à la farine de froment ou de sarrasin que la récolte médiocre n’avait pas permis de stocker en quantité suffisante pour tenir jusqu’au printemps. Le retour en force des préparations « naturelles » redonne une place modeste à cette baie rouge dans la pharmacopée proposée aux adeptes de la phytothérapie. Les feuilles séchées de l’Aubépine sont sans doute plus intéressantes sur le plan médical. On a découvert au XIXème siècle que la plante avait des propriétés remarquables dans le traitement des affections cardiaques. Les substances présentes ont une action positive sur les problèmes d’arythmie, de tachycardie ou de palpitations. L’infusion est calmante et agit notamment dans le cas d’anxiétés persistantes. Elle n’agit pas comme un somnifère mais facilite la phase d’endormissement en contribuant à une accalmie des tensions nerveuses.

Acte criminel s’il en est, j’ai coupé cette semaine une belle aubépine qui poussait dans la haie de mon champ, non loin de la source. Par chance pour moi, les elfes des bois avaient sans doute prévenu les fées de cette lâche agression de la part d’un humain muni d’une scie mécanique vrombissante et malodorante. Les petites créatures ne se sont pas vengées et ne m’ont pas chatouillé la plante des pieds ces dernières nuitées. Il faut dire que j’ai pris l’engagement secret de garder le plus possible de morceaux du tronc. L’un, une fois raboté, a rejoint ma collection d’échantillons de bois locaux, une collection qui s’enrichit d’années en années. D’autres serviront sans doute à des amis tourneurs. Leur diamètre n’est pas énorme, mais un artiste, adroit, pourra certainement en tirer quelques verres ou quelques coupelles. A moins que ce ne soit moi qui me lance dans le tournage. Après tout, le temps que le bois sèche, j’aurais peut-être acquis quelques rudiments. Dernier élément de ma plaidoirie adressée aux fées : l’arbre était bien malade… Les poneys du voisin avaient dévasté ses branches et ravagé son écorce… Je n’ai procédé qu’à une euthanasie permettant de sauver au moins le bois !

NDLR : la photo de l’arbre et celle des baies proviennent d’un site néerlandais qui propose une documentation photographique d’excellente qualité sur l’aubépine et sur les animaux associés (insectes pollinisateurs et parasites). La photo de l’abbaye de Glastonbury provient de Wikipedia. Celle du rameau en fleurs provient du site québecois « Flore laurentienne« , intéressant à consulter pour toutes sortes de végétaux.

L'aubépine, la plante du coeur

Aubépine

Crataegus monogyna Jacq. et C. laevigata DC. (Crataegus oxyacantha)

Rosaceae

« La plante du cœur »

L’Aubépine est aussi appelée aubépine épineuse, ou encore aubépine blanche, blanche épine, bois de mai, épine de mai, poire d’oiseaux, noble épine, sable épine, senellier et « pérette » ( Camargue).

L’origine de son nom : « crataegus », en grec « cratos », qui signifie résistant et « oxyacantha » qui signifie « épine aiguë ».

Botanique

L’aubépine est un arbrisseau épineux poussant dans les buissons, les bois, les haies. On la rencontre surtout dans toute l’Europe mais aussi en Afrique du Nord. En France, elle est aussi très répandue.

Sa tige mesure 2 à 3 mètres, dressées et couvertes d’épines.

Les feuilles qui la composent sont divisées et d’un vert luisant.

Les fleurs, quant à elles, sont petites, blanches ou roses, disposées en corymbe et dégageant une odeur agréable. Elles sont donc le rendez-vous des abeilles.

L’aubépine fleurit en mai-juin.

Dans le calendrier celtique, l’aubépine est la fleur du mois de mai associée à la déesse Maïa, mais c’est aussi un arbre dédié aux fées.

Histoire

Cette plante est aussi connue qu’utile, elle a toujours été considérée comme une plante protectrice.

A Athènes, lors de mariage, les invités portaient une branche d’aubépine afin d’attirer sur les jeunes époux le bonheur, la santé, et la prospérité.

A Rome, la jeune mariée garnissait la porte de la chambre nuptiale de rameaux d’aubépine et quand un bébé naissait, on ornait directement son berceau d’une branche.

Les parties utilisées en herboristerie

Les herboristes emploient donc les sommités fleuries de l’aubépine car elles sont riches de principes actifs.

Les sommités fleuries disposent de nombreuses substances comme la crataegine, l’oyacanthine, puis la quercétine et la thyméthylamine ainsi que des éléments minéraux dont le manganèse.

Les composants chimiques qui la caractérisent :

  • flavonoïdes
  • tanins
  • amines
  • triterpènes
  • acides-phénols

Les propriétés principales de l’Aubépine

Ces composants chimiques lui confèrent donc des propriétés antispasmodique, calmante, diurétique et surtout tonicardique. 

De plus, l’aubépine est régulatrice de la fonction artérielle et sédative du système cardio-vasculaire.

Voi interne

L’aubépine est une plante médicinale qui présente de nombreuses actions si elle est prise par voie orale

  • cardiovasculaire
    • au niveau du cœur directement

L’aubépine augmente la force de contraction du cœur et la conduction intra-cardiaque. Par contre, elle diminue l’excitabilité et la fréquence cardiaque. D’autre part, elle protège de l’arythmie et améliore l’irrigation du myocarde et du débit coronarien.

  • et plus particulièrement au niveau des vaisseaux et de la pression artérielle.

Elle va diminuer la résistance des vaisseaux périphériques et agir comme hypo-tenseur.

  • sédative sur le système nerveux central
  • anti-spasmodique
  • anti-oxydante
  • anti-inflammatoire

Ses principales indications

Elle est donc tout à fait indiquée pour les troubles circulatoires, les palpitations et l’angine de poitrine.

  • sphère cardiovasculaire

Par exemple, en cas d’insuffisance cardiaque, d’éréthisme cardiaque, ou d’hyper-tension artérielle d’origine nerveuse.

  • système nerveux central

Notamment, lors de troubles du sommeil ou de neurotonie.

Comment l’employer en herboristerie ?

Les formes galéniques :

  • infusion

Recette :

1 cuillère à café de sommités fleuries par tasse.

Laisser infuser 10 minutes.

2 à 3 tasses par jour en cure de 20 jours par mois.

A raison de 30 gouttes 3 fois par jour si il s’agit de macérat glycériné au 1D.

  • teinture mère, extrait fluide

30 gouttes dans un peu d’eau. 2 à 3 fois par jour.

Quelles sont ses contre-indications ?

Aucune précaution d’emploi n’est connue aux doses usuelles.

Attention toutefois à ne pas l’employer à des doses trop élevées, ce qui pourrait s’avérer dangereux et conduire à des hypotensions sévères chez les jeunes enfants.

Ne pas utiliser à forte dose sauf sur avis médical.

En résumé

Grande plante appelée la « valériane du cœur« .

Ses vertus sont donc liés à la synergie de ses composés.

Elle est merveilleuse car elle présente de nombreux intérêts thérapeutiques.

Elle est sédative du système nerveux central.

Sans oublier que c’est un régulateur cardio-vasculaire et un vasodilatateur, hypotenseur, spasmolytique au niveau des muscles lisses vasculaires

ff410.jpg

Les fées des fleurs arborent les caractéristiques des plantes dont elles sont les gardiennes. Ainsi, la fée du rosier, gracieuse et fragile, est auréolée d’une douce lumière. Pour rappeler les propriètés toxiques de la ciguë, la fée qui lui est attachée a l’apparence d’un squelette. La pillywiggin anglaise est une minuscule fée, de la taille d’une abeille, qui volette aux alentours des fleurs sauvages poussant au pied des chênes.

La fée de la primevère et celle du myosotis donnent le pouvoir de découvrir les trèsors cachés. Mais il faut se garder de faire un bouquet comportant moins de treize primevères, à moins d’en compléter le nombre avec des violettes, sinon le bouquet partera malheur.

Les herbes à fées

Il existe des  » herbes à fées » qui sont leur entière propriété, et qu’il ne faut ni couper ni rapporter chez soi. Parmi ces herbes taboues, citons le thym sauvage, ou la jacobée et l’ivraie, qui servent de nids aux fées. Il faut également se garder des pervenches, appelées » violettes des sorcières » dans le Somerset, ou des digitales, nommées  » gants de fées ». Les imprudents qui s’aventurent à ceuillir des jacinthes des bois se retrouvent instentanément prisonniers des fées, et n’en sont libérés que si quelqu’un vient les délivrer. Le même risque menace les coupeurs de tulipes des jardins, sur lesquelles fées veillent particulièrement

fef210.jpg

Certaines herbes à fées peuvent toutefois être ramassées sans effets néfastes, comme les fougères la veille de la Saint-Jean, dont les graines ont le pouvoir de rendre invisible. Glissées dans chaussures, les feuilles d’armoise, permettent de courir une journée sans éprouver la moindre fatigue.

Les fées sont également attachées à sept plantes magiques, dont les humains peuvent faire l’usage, à condition de respecter les régles de Féerie. Il s’agit de l’euphraise, de la mauve, de l’achillée, de la verveine, de la véronique, de la brunelle. Elles préservent de toutes attaques occultes à condition de les ceuillir à midi précis, par journée ensoleillée et en période de pleine lune. L’herbe de la Saint-Jean ou de Saint -Jean ceuillie le 24 juin et portée en talisman autour du coup ou dans la poche a le pouvoir d’éloigner les sorcières et de préserver des attaques du démon.

Herbe de Saint-Jean :

Il s’agit du lierre terrestre, du millepertuis, de l’armoise. Tous sont appelés  » herbe de Saint-Jean » et non herbe de la Saint-Jean.

p1010040-05.jpg
163.jpg
450px-artemisia-vulgaris-armoise.jpg

Les arbres à fées:

Certains arbres sont placés sous la protection des fées, et ceux qui se permettent d’y toucher encourent de grave danger!; Les chênes, notamment, sont des arbres sacrés que les humains ne doivent abimer sous aucun pretexte. Le bûcheron qui avait abattu un chêne séculaire dans la forêt de Rennes, près de la fontaine de Saint-Roux éprouva jusqu’à la fin de sa vie un tremblement dans les membres. Celui qui abbattit vers 1840 le chêne Marié, près duquel on échangeait des serments, se tua en tombant du haut d’un peuplier qu’il élaguait. Quant aux chênes bénits de Cuse, voici ce qu’on dit à son sujet :  » Avant 1830, existait près de Cuse une forêt, aujourd’hui détruite, dans laquelle depuis des siècles on respectait une douzaine de chêns énormes que l’on appelait  » les chênes bénits »; on y allait en procession et en pélérinage, et plusieurs étaient ornés de croix et de madones; le jour de la Saint-Pierre on venait aussi danser à leurs pieds. Vers 1832, l’administration les fit abattre, et les binnes femmes de Cuse, qui considérèrent cette mesure come une impiété, disaient tristement : » on a coupé nos chênes bénits nous allons avoir de mauvaises récoltes ». Et les vieilles femmes prétendent que depuis on n’a pas eu d’aussi abondants moissons ni d’aussi belles vendanges qu’auparavant.

Les frênes sont également des arbres à fées. Dans la mythologie nordique, les Nornes filaient les mailles du destin à l’ombre du frêneYggdrasil, planté à coté de la fontaine de Urd. En Angleterre , on vénérait jadis certains frênes sacrés qu’il ne fallait coupé sous aucun pr&texte, si l’on voulait pas attirer sur soi le malheur ou la foudre. Dans le Somerset, le frêne, tout comme le sorbier, préserve les troupeaux des attaques des sorcières et des esprits malins.

En Franche-Comté, le hêtre, ou fayard est appelé « fau », c’est à dire fée. En Suède, les tilleuls sont considérés comme des arbres à fées. L’aulne est un arbre magique. Un paysan irlandais s’apprêtait à couper la branche d’un aulne lorsque, de loin, il vit des flammes s’élever de sa ferme. Il s’y précipita mais, une fois sur place, il ne remarqua ni flamme ni cendre. Il retourna donc à son aulne mais la même vision la pertuba une nouvelle fois. Ne tenant pas compte de l’avertissement, il coupa la branche de l’arbre, sans se soucier du feu qui ravageait ses bâtiments. Lorsqu’il rentra chez lui, il ne restait que des ruines fumantes.

Le sureau abrite le plus souvent une sorcière qui a pris l’apparence d’un arbre pour mieux tromper ses victimes. Lorsqu’on entaille son écorce avec une lame de couteau, il se met à saigner. L’aubépine, le prunier et le noisetier servent de nid aux fées, qui s’abritent derrière leurs branches. La plupart des épineux et des ronces sont d’ailleurs habités par les êtres du Petit Peuple.

L’Aubépine se fête du 13 mai au 9 juin de chaque année druidique. Il est associé à la lettre oghamique H correspondant à l’Ogham Huath et la rune Thorn

Aubépine

L’aubépine est un arbrisseau épineux(pouvant tout de même atteindre 4 metres) dont les branches recouvertes d’épines diffuse une énergie spirituelle puissante protégeant les lieux sacrés du monde des ténèbres et esprits négatifs. Son aura est habitée par des génies célestes purs qui distribuent aux lieux environnants une pureté et une protection indéfinissables.

L’aubépine traverse les siècles et conserve ainsi durablement la pureté des lieux qu’elle occupe. Si vous possédez de l’aubépine sur votre terrain, dites vous que vous êtes bénis, à l’abri des mauvais sorts, maladies et que vous prospérerez sans peine.

Les fées, attirées par l’odeur de ses fleurs blanches, déposent leurs bienfaits autour d’elle. Les druides pratiquent la cueillette des baies d’aubépines dont la fermentation produit une boisson rafraîchissante. Les fleurs sont utilisées pour traiter les fatigues cardiaques.

L’aubépine est un arbuste épineux bien connu, cousin du rosier et de l’églantier qui pousse en lisière des bosquets, au bord des chemins, le long des rivières ou en bordure des champs, formant des haies infranchissables, à cause de ses épines.

Plante sacré, l’aubépine est un buisson dont la morphologie de la feuille rappelle vaguement celle du chêne, à ceci prêt que ses branchage sont recouvert d’épine, et on la distingue aussi grâce à ses baies rouge. L’arbre fleurit Blanc. Arbre de Protection Mystique, l’Aubépine était présent dans la plupart des sanctuaires, formant une barrière tant physique (de part ses épines) que psychique pour délimiter l’enceinte Sacrée.

Arbre de Protection, c’est aussi un arbre mystique à l’énergie particulièrement élevée où réside bien souvent des entités et esprits de la nature, et notamment les Fées, l’aubépine constitue ainsi une plante d’intérêt pour établir un contact entre les deux mondes. 

On l’utilisait parfois pour faire des couronnes aux prêtresses lors de fêtes particulières pour permettre un contact avec d’autres mondes lors de rituel et ainsi s’attirer la protection !

L’aubépine est donc surnommée « épine blanche, noble épine, épine de mai, pain d’oiseau ou senellier ».
Cet arbuste vivace est très apprécié des sculpteurs et tourneurs sur bois car le bois de son tronc est très dur. 
Le fruit rouge de l’aubépine murit à l’automne, il est comestible, et ses fleurs sont d’un magnifique blanc teinté de rose.

L’aubépine est l’arbre sacré également de l’église catholique car elle constitua la couronne du christ.
Curieusement, l’aubépine est également arbre sacré chez les druides et dans les rituels celtiques liés à la fécondité, notions retrouvées dans la Grèce antique et à Rome…

Sa composition est d’une richesse peu commune : 
Flavonoïdes, alcaloïde, coumarine, tanins, acides aminés, mono et polysaccarides et de nombreux minéraux et vitamines (calcium, potassium, fer, magnésium, zinc, phosphore, vitamine c…)

Ce merveilleux végétal a des propriétés tonicardiaques et régulatrices des troubles du rythme cardiaque.
Il agit également sur la tension et le cholestérol.
L’aubépine est également sédative du système nerveux.

Beaucoup d’études scientifiques ont été réalisées sur l’aubépine et son action cardioprotectrice aussi bien préventive que curative.

L’aubépine est donc bien la meilleure amie de notre cœur. Thorn est sa rune, Huath est l’Oghams qui y est rattaché.

La légende autour de l’aubépine de Glastonbury Thorn est chrétienne. Joseph d’Arimathie aurait planté son bâton sur la colline de Wearyall (Wearyall Hill) où il poussa pour devenir une magnifique aubépine. Cette aubépine est mentionné pour la première fois dans Lyfe of Joseph of Arimathea [la vie anglo-saxone en vers de Joseph d’Arématie] qui date du XVIe siècle. Cette aubépine fleurissait deux fois l’an. Une floraison peu après le solstice d’hiver sur le « vieux bois » et un autre au printemps sur le « jeune bois ». La floraison de l’hiver était considéré comme un miracle.

Glastonbury.—A vast concourse of people attended the noted thorn on Christmas-day, new style; but, to their great disappointment, there was no appearance of its blowing, which made them watch it narrowly the 5th of January, the Christmas-day, old style, when it blowed as usual. [Glastonbury.- Une foule de gens s’attendaient à voir le bouton fameux le jour de Noël, date moderne mais a leur grande déception il n’y avait aucune trace de sa floraison, c’est pour cette raison qu’ils la scrutaient anxieusement le 5 janvier, Noël ancien temps, et là elle fleurissait comme d’habitude.]

L’Aubépine : Arbre Sacré dans TAO des arbres

L’arbre fut abattu pendant la Première Révolution anglaise au milieu du XVIIe siècle. Un autre fut planté à sa place en 1951 mais celui-ci fut vandalisé en 2010.

Depuis l’Antiquité, l’aubépine symbolise l’innocence et la pureté virginale. Chez les chrétiens elle est liée à la Vierge Marie.

  • On dit que la foudre ne l’atteint jamais.
  • On dit qu’elle est très liée aux pratiques de sorcellerie du mois de mai. Dans le Nivernais, on fixe dans la nuit du 30 avril, une branche de celle-ci à l’entrée des écuries et des étables, afin d’empêcher les araignées dites sorcières d’y pénétrer.

L’aubépine est donc liée au premier mai ou à la veille du premier mai. Ceci est peut-être dû au nom gaelique (celtique) de l’aubépine qui est « Buisson de Beltaine ».

La branche d’aubépine bien épointée serait souveraine contre les vampires quand elle leur transpercerait le cœur.

Les aubépines tiennent un rôle central dans À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, notamment dans Combray : « Je revenais devant les aubépines comme devant ces chefs-d’œuvre dont on croit qu’on saura mieux les voir quand on a cessé un moment de les regarder, mais j’avais beau me faire un écran de mes mains pour n’avoir qu’elles sous les yeux, le sentiment qu’elles éveillaient en moi restait obscur et vague, cherchant en vain à se dégager, à venir adhérer à leurs fleurs. Elles ne m’aidaient pas à l’éclaircir, et je ne pouvais demander à d’autres fleurs de le satisfaire. »

Vous pouvez rejoindre le forum de FRANCESCA « La Vie Devant Soi » : http://devantsoi.forumgratuit.org/

Et vous pourrez y jouer au TAO en vous aidant du site http://livreblogdujeudutao.unblog.fr/

14 octobre 2018

L’Aubépine, le buisson aux fées

Epine blanche, Chaste épine, Arbre de mai, Noble épine, Cenellier… Cet arbuste épineux au bois dur et aux fleurs blanches parfumées qui s’ouvrent en mai, pousse à la lisière des forêts formant d’infranchissables haies. Symbole de l’innocence et de la pureté, l’Aubépine est consacrée aux déesses vertueuses et à la nymphe Cardea. Cette divinité protectrice douée du pouvoir d’ouvrir et de fermer les portes, préserve les petits enfants des funèbres Striges, oiseaux de malheur suceurs de sang. On affirme que l’Aubépine donne des baguettes magiques aux pouvoirs les plus grands et qu’une branche taillée en pointe peut transpercer le cœur des vampires et les tuer définitivement. Jadis, des couronnes d’Aubépine étaient tressées et déposées autour des buissons parfumés pour que les fées et les esprits bienveillants viennent y danser les nuits de pleine lune. Une branche d’Aubépine posée au pied du lit des nourrissons les protégera des maladies et des malédictions !

AUBEPINE BD

Photo © Cécile Decorniquet, Photographe – Cécile Decorniquet Studio


Magie Verte, les herbes et les arbres enchantés

Aubépine : son Folklore & ses usages pratiques

Par Muirghein ó Dhún Aonghasa (Linda Kerr). Traduction : Fleur de Sureau. Extrait du site The Hazel Nut.

Crataegus oxyacantha – Aubépine à deux styles. On la trouve en Angleterre et en Europe continentale.

ariel-john-anster-fitzgerald

L’aubépine est facilement identifiable à ses branches, couvertes de longues épines pointues. Ses petites fleurs blanches s’épanouissent généralement au mois de mai, ce qui lui vaut d’être également appelée Mai ou Fleur de Mai, bien que dans le sud des Etats-Unis elle fleurisse en Avril (le navire Mayflower doit son nom à l’aubépine). Son nom générique, Crataegus oxyacantha, provient du mot grec kratos, qui signifie dureté (du bois), oxus, qui veut dire pointu, et akantha, qui désigne une épine. Le nom vieil allemand pour l’arbre, Hagedorn, signifie Hedgethorn (ndlt : une haie d’épines) ; le mot haw (ndlt : en anglais aubépine s’écrit hawthorn) est un mot ancien pour hedge (ndlt : haie) (1).

Le fruit rouge, ou cenelle, qui apparaît à la fin de l’été, ressemble à une petit pomme dure. Le bois est un excellent combustible, faisant le plus chaud des feux de bois connu, et dans le passé on le préférait au chêne pour le four à bois (2).

Pour les anciens Grecs et Romains, l’aubépine était un symbole d’espoir et de joie, et était liée aux mariages et aux bébés. L’aubépine était dédiée à Hymen, dieu des mariages. Les torches portées lors de la procession d’un mariage étaient en bois d’aubépine. Les gens plaçaient un brin d’aubépine dans les petits bouquets qu’ils portaient, tandis que la mariée portait un rameau entier (3). Cela aidait à apaiser la déesse Cardéa, qui n’aimaient pas les mariages en particulier au mois de mai. En Angleterre, mai était considéré comme un mois chanceux pour les fiançailles mais pas pour les engagements.

Plus tard, dans l’Europe médiévale, l’aubépine passait pour être un arbre mauvais et malchanceux, et qui annonçait la mort si l’on en rentrait dans les maisons. On considérait l’aubépine comme l’un des arbres favoris des sorcières et lors de la nuit de Walpurgis (Beltane), les sorcières se transformaient en aubépines. « Avec un peu d’imagination superstitieuse, les branches tordues et épineuses de l’aubépine la nuit doivent suffisamment ressembler à une sorcière pour avoir instillé la peur chez les gens du moyen-âge (4). »

En Irlande, les aubépines solitaires appartiennent aux fées, qui s’y réunissent et vivent à l’intérieur. De nombreuses choses terribles étaient prédites, notamment la maladie et la mort, si l’on dérangeait de quelque façon que ce soit une aubépine solitaire. Les Irlandais croyaient que les fées étendaient leurs lessives sur les épines afin de les y faire sécher. L’Irlande a également de saintes aubépines près de ses puits sacrés, sur lesquelles des offrandes de chiffons sont laissées (5). Selon Geoffrey Grigson, les « haws » sont également appelées ‘hags (6)’ (ndlt : vieille sorcière) et une connexion pourrait exister avec le mot vieil irlandais might Hag-Mother (ndlt : Mère-Sorcière), à qui, dit-on, l’on destinait chiffons et vêtements.

holythorntree2

La plus célèbre de toutes les aubépines est celle de Glastonbury (ndlt : « Glastonbury thorn », hélas victime de vandalisme au cours du temps et il y a encore quelques années). C’est un Crataegus monogyna var. praecox, à double floraison, une fois en hiver et une seconde en mai. Selon la légende de Glastonbury, la Couronne d’Epines était en aubépine. Plus tard, il y fut ajouté que Joseph d’Arimathie planta son sec bâton d’aubépine dans la colline qui se mit alors à pousser et qui, depuis, fleurit chaque Noël (7).

L’aubépine est associée au Jour de Mai plus que toute autre plante. La plupart du temps, les aubépines étaient déjà en fleur le Jour de Mai avant que les Britanniques ne changent de calendrier en 1752 et adoptent le Nouveau Style. Le Jour de Mai survient désormais 13 jours plus tôt (8).

L’aubépine était récoltée le matin du Jour de Mai, tressée et placée sur les portes et fenêtres. L’acte était important car le pouvoir des plantes magiques a toujours été accru par ces tressages sous différentes formes. La magie de l’aubépine était déjà accrue durant la nuit grace à la rosée, que les gens des campagnes ont toujours considérée comme un fluide magique, en particulier le matin du Jour de Mai (9).

Lors du Jour de Mai, les fées et les sorcières étaient de sortie, et tout aussi excitées que les humaines par le début de l’été. Lait et beurre étaient susceptibles d’être volés ou ensorcelés. En Irlande, le sorbier était le protecteur le plus sûr contre cela, tandis qu’en Angleterre et en France, la plante protectrice était l’aubépine (10).

Sexe et fertilité faisaient partie intégrante des célébrations du Jour de Mai d’autrefois, et étaient symbolisés par l’aubépine. Le doux parfum rance des fleurs les rendent évocatrices de celle du sexe. Cette même odeur a conduit à la croyance que les fleurs d’aubépine avaient conservé la puanteur de la peste. Les fleurs contiennent de la triméthylamine, qui est un composant de l’odeur de putréfaction (11).

Aujourd’hui, l’aubépine est à l’origine d’un puissant médicament pour le cœur. La recherche scientifique a démontré que l’aubépine dilate les vaisseaux sanguins, ce qui permet au sang de circuler plus librement, en abaissant la pression sanguine. Elle régule également l’action du cœur, en agissant directement sur le muscle cardiaque pour aider un cœur défaillant a travaillé plus efficacement. Elle agit lentement et semble être toxique seulement à très grandes doses, faisant d’elle un tonique assez sûr (12). Lorsqu’elle est administrée correctement, l’aubépine est bonne pour un muscle cardiaque affaibli par l’âge, en cas d’inflammation du muscle cardiaque, en cas d’artériosclérose et de problèmes cardiaques nerveux.

A la maison, les fleurs et les baies d’aubépines peuvent être employées en décoction (bouillies), et celle-ci bue dans le cas des maux de gorge. Elles peuvent également être utiles dans le cas de troubles rénaux, en agissant comme un diurétique. Les baies peuvent être utilisées sous forme de tisane qui est bonne en cas de troubles nerveux et d’insomnie (13).

On peut faire une excellente liqueur à partir des baies et des fleurs. Cette recette employant les fleurs remonte aux environs de 1775.

Liqueur de Fleurs de Mai :

Essayez de récolter les fleurs de mai lors d’une journée calme et sèche lorsqu’il n’y a aucune poussière dans l’air. Cueillez-en autant que peut en contenir votre jarre (1 litre). Remplissez-la de brandy ou de vodka. Fermez la jarre et secouez-la 3 fois par semaine pendant 3 mois. Filtrez et si nécessaire ajoutez du sucre selon le goût. La liqueur obtenue est excellent dans les crèmes et les sauces (14


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.