Arthrose ou Arthrite ?

Arthrose ou Arthrite ?

Definition

L’ arthrose est la forme la plus fréquente d’arthrite. Il s’agit d’une arthrite dégénérative caractérisée par la destruction par usure du cartilage qui recouvre et protège les os de l’articulation et l’apparition de petites excroissances osseuses.

Les termes arthrite et rhumatisme désignent plus d’une centaine d’affections, de natures et de causes différentes, caractérisées par des douleurs aux articulations.

Elle touche surtout les articulations qui soutiennent une grande partie du poids corporel, comme celles des hanches, des genoux, des pieds et de la colonne vertébrale. L’arthrose a tendance à faire mal quand on marche, court, fait des efforts dans la journée.

Pas facile de différencier l’arthrose de l’arthrite. Et pour cause : ces deux pathologies appartiennent à la famille des rhumatismes, elles concernent toutes deux les articulations et entraînent également des douleurs parfois invalidantes. Pourtant, elles sont bel et bien différentes : l’arthrose est une pathologie dite « mécanique » alors que l’arthrite est une inflammation articulaire. Les signes physiques et biologiques, les causes et les traitements de ces deux pathologies sont donc très différents.

L’arthrose, qui touche 17 % de la population en France, est en effet une maladie chronique qui, une fois enclenchée, poursuit inexorablement son évolution et dont le traitement reste aujourd’hui symptomatique.

 L’arthrite regroupe un ensemble de maladies inflammatoires plus rares – la plus fréquente touche 0,4 % de la population -, plus intenses et plus graves puisqu’elles peuvent être mortelles et qui touchent des patients plus jeunes. Elle a bénéficié, au cours des dix dernières années de progrès thérapeutiques significatifs qui permettent de ralentir et même de prévenir son évolution et de sauver des vies.

 Ces deux rhumatismes n’ont pas la même évolution, donc pas les mêmes traitements.

Arthrose ou arthrite ? Maladie chronique ou maladie aiguë? Quel diagnostic est-il préférable de s’entendre poser face à des douleurs articulaires? Les Anglo-Saxons, qui englobent les deux termes avec arthritis, ne font pas cette distinction, pourtant significative à la fois sur le plan clinique et en termes de santé publique. Ils comptabilisent 25 % de personnes atteintes de douleurs articulaires, dont au final deux tiers sont atteintes d’ostéo – arthrite – l’arthrose – que certains considèrent comme inévitable puisqu’elle est liée au vieillissement des cellules du cartilage.

On reume sur les différences entre l’arthrose et l’arthrite :

L’arthrose et l’arthrite font toutes deux partie de la grande famille des rhumatismes, mais ce sont deux maladies bien différentes. L’arthrose est une altération du cartilage due à un dérèglement de l’activité des cellules du cartilage, les chondrocytes. En réponse à la destruction du cartilage, on observe parfois des « becs de perroquets » ou « ostéophytes », qui sont formés par l’os. L’arthrite, quant à elle, est un rhumatisme inflammatoire. L’inflammation touche la membrane synoviale.

L’arthrite peut avoir comme causes des infections touchant l’articulation peuvent conduire à une arthrite. Si un microbe pénètre dans l’articulation, il peut conduire à son inflammation. Ensuite, il est possible que l’articulation contienne des cristaux dans sa cavité ; et cela conduit à une irritation locale, puis une inflammation. C’est le cas pour la goutte et la chondrocalcinose articulaire. Enfin, des désordres immunitaires peuvent conduire à des rhumatismes inflammatoires ; c’est le cas de la polyarthrite rhumatoïde.

En détails :

Arthrose

L’arthrose est une maladie du cartilage, le tissu lisse et nacré qui recouvre l’os au niveau des articulations.

Le cartilage joue un rôle d’amortisseur : il réduit les frictions sur les os et répartit de façon uniforme le poids sur l’articulation.

Dans une articulation normale, le cartilage est perpétuellement détruit et renouvelé.
Mais en cas d’arthrose, un déséquilibre se crée, causant une usure très lente du cartilage, qui s’amincit, devient plus fragile et se fissure (on parle de chondropathie).

Le cartilage a alors plus de mal à amortir les pressions subies par l’articulation lors des mouvements. L’os situé à ce niveau réagit en s’épaississant : il en résulte des excroissances osseuses appelées ostéophytes ou becs de perroquet, qui apparaissent près des articulations, notamment sur les doigts.

L’arthrose peut aussi entraîner une production excessive de liquide synovial à l’intérieur de la capsule qui protège l’articulation. Cet épanchement se manifeste par un gonflement de l’articulation, caractéristique des poussées d’arthrose.

Quelles sont les causes de l’arthrose ?

L’arthrose touche quelque 10 millions de personnes en France. Le risque de souffrir d’arthrose augmente avec l’âge car le cartilage se fragilise avec le temps. Mais l’arthrose est bien une pathologie et non une conséquence inévitable du vieillissement. On ne connaît pas encore les causes exactes de l’arthrose, mais certains facteurs de risques sont identifiés. Les anomalies anatomiques, les traumatismes liés à une grande pratique sportive et la surcharge pondérale (obésité et surpoids) peuvent être à l’origine de l’arthrose

On distingue deux types d’arthrose : 

  • L’arthrose primitive est un une maladie du cartilage sans cause apparente. Elle se manifeste après 50 ans et touche davantage les femmes. L’arthrose aux mains et aux genoux peut résulter d’une prédisposition génétique. (Des articles sur l’arthrose du genou)
  • L’arthrose secondaire est causée par des mauvaises conditions mécaniques qui favorisent la dégradation du cartilage : des petits traumatismes répétés (travail avec un marteau-piqueur, pratique sportive très intense), des gestes répétitifs dans un cadre professionnel (couturière, pianiste), un traumatisme important comme une entorse sévère (en particulier une entorse du ligament croisé du genou) ou une fracture, l’ablation du ménisque, ou encore des anomalies squelettiques (genoux en X ou au contraire très écartés, une luxation congénitale de la hanche).(la gonarthrose)

Certaines maladies peuvent favoriser l’arthrose : diabèteobésité, maladie de Wilson, chondrocalcinose, goutte, hémocrhomatose.

Certains facteurs de risque peuvent être évités : le surpoids (favorise l’arthrose des genoux), le tabagisme, les mauvaises postures, l’absence d’activité physique régulière.

Les principaux symptômes de l’arthrose sont la douleur et la raideur.

La douleur est le plus souvent mécanique, c’est-à-dire qu’elle augmente avec l’effort physique et disparaît au repos, sauf en cas de poussée inflammatoire.
Elle peut se manifester le matin au lever, on parle alors de douleur de dérouillage. Quand elle apparaît plus tard dans la journée, on parle de douleur de fatigue.

L’arthrose entraîne progressivement une gêne à réaliser certains mouvements, elle peut toucher toutes les articulations.
Ses localisations les plus fréquentes sont la colonne vertébrale (cervicales et lombaires), le genou, la cheville, les mains, la hanche et les épaules. Les arthroses du genou et de la hanche ne sont pas les plus fréquentes, mais elles sont plus invalidantes au quotidien.

Un gonflement peut aussi apparaître au niveau de l’articulation, avec une augmentation de la douleur. Ce phénomène est lié à la production de liquide synovial en réaction à la lésion du cartilage. La production de liquide synovial, qui sert de lubrifiant, s’amoindrit. Lors du mouvement, les os constituant l’articulation se frottent l’un à l’autre sans la protection du cartilage. Sa fréquence augmente avec l’âge  et certains facteurs la favorisent : le surpoids, un traumatisme, une anomalie anatomique.

Enfin des déformations articulaires (aux mains, aux genoux) peuvent apparaître après une répétition de poussées douloureuses ou progressivement sans douleur particulière. La déformation de l’articulation est dite « froide », car elle ne s’accompagne d’aucun signe d’inflammation locale et ne se voit pas.

Le diagnostic

La majorité du temps, un bilan radiographique suffit au diagnostic. Le cartilage n’apparaît pas sur la radiographie, mais le médecin cherchera trois autres signes propres à la maladie : un pincement articulaire (espace réduit entre les os), une condensation de l’os qui apparaît alors plus blanc sur le cliché, et la présence d’excroissances osseuses(ostéophytes ou bec de perroquet) autour de l’articulation.

A noter : il n’y a pas forcément de relation entre l’importance des lésions observées sur les clichés et l’intensité de la douleur ressentie par le patient. Une personne peut souffrir beaucoup malgré des lésions assez légères, ou inversement.

Comment ça se soigne ?

Le traitement vise principalement à réduire le facteur de risque, avec par exemple un régime diététique dans le cas d’une obésité, ou une chirurgie préventive dans le cas d’une anomalie anatomique. Cependant, une fois installée, l’arthrose nécessite un traitement plus lourd, avec une prise d’antalgiques, d’anti-inflammatoires et d’anti-arthrosiques. Pour retarder la pose d’une prothèse et soulager le patient, des infiltrations d’acide hyaluronique peuvent également être prescrites pour consolider le cartilage. Et si le sport intense est à proscrire, la pratique d’une activité physique modérée demeure importante pour éviter une prise de poids qui pèse sur l’articulation et qui accélère le phénomène d’arthrose.

La douleur se traite par la prise de médicaments antalgiques ou anti-inflammatoires:

  • Par des médicaments antalgiques (type paracétamol). Ils ont l’avantage de pouvoir être pris à long terme.
  • Et/ou la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). La durée de la cure doit être aussi courte que possible. Des anti-inflammatoires locaux, en pommade, gel ou patch, peuvent être également prescrits, notamment pour les petites articulations.
  • Et/ou des injections intra-articulaires de corticoïdes ou d’acide hyaluronique.

On peut aussi recourir à des mesures non médicamenteuses : appliquer du chaud ou du froidéviter de surmener l’articulation douloureuse en utilisant une canne, des béquilles ou des orthèses nocturnes (les conseils d’un ergothérapeute peuvent aider), perdre du poids si l’on est en surpoids.

La kinésithérapie et une activité physique régulière et adaptée visent à maintenir la force des muscles et renforcer les tendons, et ainsi prévenir l’aggravation des lésions.

La chirurgie n’est utilisée que dans 10 % des cas, surtout dans certaines localisations (hanche, genou) lorsque la gêne est trop importante

Quelle évolution ?

L’évolution de l’arthrose varie d’un patient à l’autre. Elle peut se dérouler très lentement sur plusieurs dizaines d’années, ou très rapidement (le cartilage peut ainsi disparaître en 2 ans).

La surveillance des lésions par radiographie permet d’évaluer la perte cartilagineuse, notamment après une crise douloureuse d’arthrose.

La manière la plus efficace de prévenir la perte du cartilage est de repérer très vite la crise d’arthrose pour la traiter rapidement.

Peut-on faire du sport ?

Il est recommandé de continuer à pratiquer une activité physique et/ou sportive.
Mais lorsque l’arthrose est déjà importante, mieux vaut choisir les sports qui sollicitent le moins les articulations arthrosiques (cyclisme, natation, gymnastique au sol et marche). Les sports qui imposent des changements d’appui brutaux et des réceptions violentes (tennis, basket, football) sont à éviter.

Certains étirements doux peuvent être réalisés à la maison pour entretenir la souplesse de l’articulation.

Dans tous les cas, il est recommandé de consulter son médecin avant de commencer.

Arthrite

L‘arthrite se caractérise par un niveau d’inflammation très élevé qui concerne la membrane synoviale, le cartilage étant parfois endommagé par «contact» avec cette inflammation. Dans les formes auto-immunes, d’origine génétique, l’évolution est souvent rapide, sur quelques années, et remet rapidement et parfois radicalement en question la qualité de vie du patient. Les traitements s’attaquent de manière plus ou moins ciblée à cette inflammation systémique d’origine immunologique et peuvent conduire, désormais, à une rémission complète.

L’ARTHRITE : UNE INFLAMMATION DE L’ARTICULATION

L’arthrite est une inflammation de l’articulation, une inflammation de la membrane qui entoure l’articulation qui entraîne la sécrétion de quinines, des substances qui détruisent petit à petit l’articulation. Elle occasionne des douleurs surtout au repos (notamment la nuit), et qui peuvent diminuer lors d’une activité physique ou d’un « dérouillage » matinal. Elle concerne principalement les articulations des mains et des pieds.

L’arthrite c’est un terme général qui regroupe de nombreuses pathologies : polyarthrite rhumatoïdespondylarthrite ankylosante, goutte, chondrocalcinose,… Elles font courir le risque d’une atteinte d’autres organes (peau, cœur, poumons, tube digestif…). Les causes sont infectieuses (germes), auto-immunes (polyarthrite rhumatoïde), métaboliques (comme la goutte avec des dépôts d’acide urique).

La déformation de l’articulation est dite « chaude », car elle s’accompagne de signes physiques comme des rougeurs ou un échauffement local.

Comment ça se soigne ?

Le traitement de l’arthrite vise à cibler la cause du mal. Des antibiotiques sont donc prescrits dans le cas d’une arthrite de nature infectieuse, des biothérapies (basées sur l’emploi de micro-organismes vivant ou de substances prélevées sur des organismes vivants) sont mises en place pour les arthrites immunitaires, et les anomalies biologiques sont traitées dans les arthrites d’origine métabolique.

Les examens complémentaires comprennent une prise de sang qui montre des signes d’inflammation, une radiogaphie, et selon l’origine une analyse du liquide contenu dans l’articulation et la recherche dans le sang d’éléments spécifiques à telle ou telle arthrite (HLA B27 pour la spondylarthrite par exemple, analyse du liquide en cas d’épanchement).

Des symptômes distincts

En cas d’arthrite aigüe, l’articulation est chaude, rouge, gonflée et douloureuse. Lorsque l’arthrite est chronique, les douleurs sont qualifiées d’inflammatoires : elles surviennent au repos et réveillent la nuit. Les articulations nécessitent un « dérouillage » matinal, le temps qu’elles s’échauffent et que la raideur passe. Les articulations se déforment parfois, parallèlement à l’évolution de la maladie, comme dans la polyarthrite ankylosante.

Des traitements adaptés à l’origine

Le traitement de l’arthrite dépend de sa cause : des antibiotiques si elle est provoquée par une bactérie, une biothérapie pour celles qui ont une origine auto-immune, etc. La douleur est soulagée par les antalgiques classiques (paracétamol, anti-inflammatoires). La prise en charge des arthrites métaboliques repose sur la correction des anomalies métaboliques (par exemple l’augmentation de l’acide urique dans la goutte grâce à des médicaments et un régime alimentaire approprié). Les douleurs peuvent être prises en charge à l’aide d’antalgiques ou d’anti-inflammatoires.

Poliarthrite

La polyarthrite, par définition, touche plusieurs articulations en même temps, contrairement à la monoarthrite qui n’en touche qu’une seule. Le terme « polyarthrite » désigne le plus souvent la polyarthrite rhumatoïde.

Des douleurs chez une femme plutôt jeune, située plutôt dans les doigts des deux mains, qui la réveillent la nuit avec des articulations qu’il faut longuement «dérouiller» tous les matins, aiguilleront déjà le médecin vers une polyarthrite.

Que sait-on de la polyarthrite rhumatoïde actuellement ? La polyarthrite rhumatoïde est un rhumatisme inflammatoire chronique dont la conséquence est la destruction de l’os et du cartilage. Le caractère inflammatoire, la chronicité et la destruction sont liés. 

La polyarthrite rhumatoïde

Est une maladie inflammatoire chronique considérée comme étant d’origine auto-immune. Les articulations des mains, des poignets et des pieds sont souvent les premières touchées. Il s’agit que la deuxième forme d’arthrite la plus fréquente chez les femmes, étant 2 à 3 fois plus fréquente chez ces dernières que chez les hommes.

La goutte est la deuxième forme d’arthrite en fréquence chez les hommes. Elle est causée par un excès d’acide urique dans le corps qui entraîne le dépôt de cristaux dans les articulations. Elle touche le gros orteil le plus souvent, mais aussi la cheville, le genou, le pied, la main, le poignet ou le coude. Elle peut être épisodique avec de longues périodes de rémission suivies de poussées de plusieurs jours ou semaines, ou devenir chronique. La goutte affecte jusqu’à 3 % des adultes (4 fois plus d’hommes que de femmes).

D’autres formes d’arthrites sont notamment l’arthrite psoriasique (maladie auto-immune qui s’accompagne de lésions de la peau typiques du psoriasis), l’arthrite juvénile et le lupus érythémateux disséminé (maladie auto-immune chronique, inflammatoire, qui touche essentiellement la peau et les articulations)

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